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Vérifications périodiques en atelier : le calendrier à tenir avec la nouvelle ED 828 de l’INRS

Les vérifications périodiques d’un atelier suivent un calendrier fixé équipement par équipement : moins de trois mois pour les presses et massicots, douze mois en principe pour les appareils de levage (six mois pour certains), une fois par an pour l’installation électrique et la ventilation. L’INRS vient de remettre à jour sa brochure de référence sur le sujet, l’ED 828, ce qui offre une bonne occasion de revoir le planning de l’année à venir.

En bref
• L’INRS a publié une nouvelle version de la brochure ED 828 « Principales vérifications périodiques », annoncée en septembre 2026.
• Trois niveaux de contrôle coexistent : mise ou remise en service, vérification périodique, vérification d’usage à chaque prise de poste.
• Presses et massicots : vérification datant de moins de trois mois ; levage : douze mois en principe, six pour certains appareils.
• Tous les résultats vont dans le registre de sécurité, et chaque anomalie doit être traitée sans délai.

Ce que change la nouvelle brochure ED 828 de l’INRS #

L’INRS a mis en ligne le 14 septembre 2026 une actualité annonçant une nouvelle version de sa brochure ED 828, « Principales vérifications périodiques ». Le document est organisé par famille d’équipements : machines, appareils de levage, installations électriques, équipements sous pression, ventilation, protection incendie et équipements de protection individuelle.

Pour chaque famille, la brochure indique le type de vérification, sa périodicité, la personne ou l’organisme compétent et les documents à conserver. C’est un support de travail pratique pour bâtir un calendrier, mais il ne dispense pas de vérifier le texte applicable à chaque matériel présent dans l’atelier.

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Les trois niveaux de vérification à distinguer #

Le mot « contrôle » recouvre trois réalités différentes, que l’INRS distingue sur sa page consacrée à l’utilisation des machines :

  • La vérification de mise ou remise en service : elle contrôle l’installation selon la notice du fabricant. Pour les appareils de levage, elle est obligatoire.
  • La vérification périodique : elle vise à détecter à temps les défectuosités susceptibles de créer une situation dangereuse, sans constituer un contrôle de conformité globale.
  • La vérification d’usage : elle a lieu à chaque prise de poste ou changement de fabrication, et après chaque démontage et remontage des protecteurs (article R. 4323-14 du code du travail).

Aucune de ces opérations ne remplace la maintenance préventive ni l’entretien courant. Une machine peut avoir passé sa vérification et rester mal réglée ou encrassée.

Quels équipements relèvent d’une vérification générale obligatoire ? #

Les articles R. 4323-23 à R. 4323-27 du code du travail imposent des vérifications générales périodiques (VGP) à des catégories précises : les appareils de levage, les engins de chantier, les échafaudages et certaines machines à risques spécifiques, comme les presses, les compacteurs à déchets et les massicots.

Dans un atelier, cela vise typiquement les ponts roulants, palans, treuils et chariots élévateurs, ainsi que les presses mécaniques ou hydrauliques. Pour toutes les autres machines, l’employeur n’est pas dispensé : il doit définir une organisation adaptée aux risques, aux conditions d’utilisation et aux recommandations du fabricant pour atteindre le même objectif de détection des défauts.

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D’autres installations de l’atelier ont leurs propres contrôles périodiques, fixés par des textes distincts : installation électrique, ventilation, équipements sous pression comme les réservoirs d’air comprimé. Les instruments de mesure obéissent, eux, à une logique d’étalonnage et de vérification métrologique qui relève de la qualité plus que de la sécurité.

Le calendrier des principales périodicités #

Il n’existe pas de fréquence unique valable pour tout un atelier. Le tableau ci-dessous reprend les repères réglementaires les plus courants ; les cas particuliers (appareil mobile, levage de personnes, usage intensif) doivent être tranchés avec le texte d’origine.

Équipement ou installation Périodicité Texte de référence
Presses pour le travail à froid des métaux, presses à vis, presses à mouler, massicots Vérification datant de moins de trois mois Arrêté du 5 mars 1993
Appareils de levage Douze mois en principe, six mois pour certains appareils Arrêté du 1er mars 2004, article 23
Installations électriques Annuelle Arrêté du 26 décembre 2011
Installations d’aération et d’assainissement Au minimum une fois par an Arrêté du 8 octobre 1987
Équipements sous pression (réservoirs d’air) Suivi en service propre à chaque équipement Arrêté du 20 novembre 2017

La périodicité trimestrielle des presses et massicots est rappelée par la fiche vérifications périodiques de la DREETS Centre-Val de Loire. Pour l’électricité, le rythme annuel est détaillé notamment par ce dossier sur les installations électriques. Le contrôle de la ventilation, lui, ne dispense pas de l’entretien ni du nettoyage de l’installation.

Pour un compresseur, la question du suivi en service se pose au niveau du réservoir. L’entretien quotidien du réseau d’air reste un sujet distinct, traité dans notre article sur l’outillage pneumatique et son entretien.

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Qui peut réaliser les vérifications ? #

Le code du travail n’impose pas de passer systématiquement par un organisme extérieur. Les vérifications peuvent être confiées à du personnel qualifié, interne ou externe à l’établissement, compétent dans les domaines techniques et réglementaires de la prévention.

Faire appel à un organisme accrédité permet à l’employeur de s’assurer de cette compétence. En interne, la personne désignée doit disposer du temps et de l’autorité nécessaires pour signaler un défaut, y compris lorsque cela impose d’arrêter une machine en pleine production.

Registre de sécurité et traitement des anomalies #

Les résultats des vérifications sont consignés dans le registre de sécurité, avec les incidents, anomalies et remplacements de pièces. Ce registre est tenu à la disposition de l’agent de contrôle de l’inspection du travail.

Une réserve inscrite dans un rapport appelle une décision, pas un classement. L’INRS rappelle que les anomalies doivent être traitées sans délai : il faut déterminer si l’équipement peut continuer à fonctionner, à quelles conditions, ou s’il doit être retiré du service jusqu’à réparation. La remise en service se trace ensuite dans le registre.

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Un dossier bien tenu sert aussi au-delà de l’inspection du travail, par exemple dans les échanges avec l’assureur, un point abordé dans notre article sur les garanties qui protègent un atelier.

Construire son calendrier annuel #

Le point de départ est un inventaire réalisé dans l’atelier, pas dans un ancien fichier. Chaque équipement reçoit un identifiant, son emplacement, son régime de vérification et le texte qui le fonde. Le tableau de suivi ajoute la date de la dernière vérification, la prochaine échéance, l’intervenant, le résultat et le responsable de chaque action corrective.

Caler les vérifications sur les arrêts de production planifiés évite d’immobiliser un pont roulant en pleine charge. Pour comparer les offres de vérification ou de logiciels de suivi, le salon Expoprotection se tient du mardi 3 au jeudi 5 novembre 2026 à Paris Expo Porte de Versailles ; y venir avec l’inventaire et la liste des réserves encore ouvertes rend les échanges bien plus utiles.

FAQ #

Une perceuse à colonne ou un tour doivent-ils passer une VGP obligatoire ?

Non, les VGP obligatoires visent des catégories listées : appareils de levage, engins de chantier, échafaudages et certaines machines à risques spécifiques comme les presses, compacteurs à déchets et massicots. Pour les autres machines, l’employeur organise des vérifications adaptées aux risques et aux recommandations du fabricant.

Faut-il obligatoirement faire appel à un organisme extérieur ?

Non. Les vérifications peuvent être réalisées par du personnel qualifié, interne ou externe, compétent techniquement et réglementairement. Le recours à un organisme accrédité permet surtout de s’assurer de cette compétence.

Où consigner les résultats des vérifications ?

Dans le registre de sécurité, avec les incidents, anomalies et remplacements de pièces. Il est tenu à la disposition de l’inspection du travail.

À retenir #

Une organisation solide repose sur quatre réflexes : identifier chaque équipement et son régime, appliquer la bonne périodicité, traiter les anomalies sans délai et tout tracer dans le registre de sécurité. La nouvelle ED 828 de l’INRS est le bon support pour remettre ce calendrier à plat avant l’année prochaine, les textes d’origine restant la référence en cas de doute.

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